La Statuaire africaine

Publié le par Al Bourgo

La Statuaire africaine

La statuaire africaine ne répond pas à un seul jeu de canons plastiques. Les statues, généralement de petite taille, ont pour but de servir d’intermédiaires entre les vivants qui les sculptent et la puissance qu’elles représentent d’une manière tangible. Ainsi, souvent, seuls quelques détails sont-ils importants pour cette identification et voit-on des figurines apparemment inachevées. La statue est vouée à des fins tout à la fois symboliques et opératoires répondant à des conceptions religieuses et magiques. Le mépris des proportions anatomiques des personnages, présentés seuls ou par couples, est le trait le plus commun de cette statuaire. L’expression du mouvement, rendue presque superflue par le thème le plus couramment traité, l’ancêtre du lignage, et la transposition plastique des volumes varient d’une tribu à l’autre: des figures raides et anguleuses des Dogon ou des Bambara, on passe aux sculptures hiératiques des Fang ou des Baluba, traitées tout en rondeur, pour aboutir aux formes souples et presque sinueuses des statues anciennes de Tada (Nigeria) ou de Sherbro (Sierra Leone). La statuaire africaine est très souvent associée aux rites de fertilité. Cette fertilité qui est en soi une union : du couple humain ou animal, du travail de l’homme avec la terre, des êtres vivants avec les défunts, du présent avec le passé. Aussi, de tous les rites, ceux destinés à la femme, à la terre et aux troupeaux comptent-ils parmi les plus importants. Le besoin de nourriture et d’enfants a en effet, été à l’origine de figurations apotropaïques (pour chasser le mauvais oeil). La statuaire est souvent un domaine privilégié de représentation de ces rites. Egalement le culte des ancêtres est un rite intime qui s’appuie sur des statues-totems, habituellement placées dans des huttes qui leur sont spécialement dédiées.

L'art Africain - Tidiane N'DIAYE

 

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